Au secours, Richard Bona arrive

La bourrasque Bona va déferler sur les bords de la Tamise ces 11 et 12 novembre armée de délicieux décibels dans le cadre d’une tournée mondiale.

La bourrasque Bona va déferler sur les bords de la Tamise ces 11 et 12 novembre armée de délicieux décibels dans le cadre d’une tournée mondiale.  Ce sera au coeur de la capitale britannique, précisément chez Ronnie Scott, un cossu club de jazz & blues qui opère en plein Soho depuis 1959.  C’est un établissement très prisé qui a vu défiler en son sein des sommités comme Ella Fitzgerald, Miles Davis, Yusef Lateef, Dizzie Gillespie, Count Basie, Chet Baker, Stan Getz etc. Le grand Manu Dibango, de si regrettée mémoire y était sollicité chaque année pour une semaine de résidence. Jusqu’à ce que Covid-19 montre son visage odieux.

Le Sting africain

Bona ne va certainement pas combler le vide laissé par le célèbre tondu et nous ne croyons pas qu’il en ait l’intention ; mais celui que les média présentent comme le “virtuoso Cameroonian Grammy Award-winning jazz bassist” est en train de porter la musique camerounaise voire la musique tout court à une autre dimension.  Pour quiconque a vu le « Ninja » sur scène, c’est à une véritable randonnée musicale dans l’espace et le temps que ce dernier convie son audience. Bassiste dont la dextérité frise l’arrogance le natif de Minta n’a rien à envier aux autres grands de ce monde car il en est un, même s’il reconnaît humblement qu’il a encore du chemin. Polyvalent, il se sent aussi bien à l’aise avec des orchestres philharmoniques que des ensembles jazz & blues. Il fait partie des 100 meilleurs bassistes de tout le temps (65) et avec le sud-africain Bakithi Kumalo se classe dans la même sphère que des phénomènes comme Stanley Clarke, John Entwistle, Sting ou Robbie Shakespeare du groupe Sly & Robbie si l’on en croit le site musikthisday.com, le meilleur restant son idole Jaco Pastorius. Pour revenir à Sting, lors d’un entretien  il y a quelque quelques années après une prestation mémorable au Barbican, nous demandions à Bona sa réaction d’être surnommé “le Sting africain” par le public et la presse anglaise. ‘Et si Sting était le Bona anglais’ rétorquait péremptoire le récipiendaire du Grammy Awards dans un éclat de rires avant de se ressaisir : ‘c’est un honneur pour moi, mais je sais que j’ai encore du travail. (in LeGuide du Londonien Nov.08)

Bonatologie

Ah qu’il est lointain, le temps où Bona Penda Nya Yuma Elolo de son vrai nom  flirtait avec le balafon à trois ans ou traficotait des guitares de fortune avec des contreplaqués et des fils de fer extirpés des pneus calcinés qui lui servaient de corde ! Aujourd’hui le poulain de Quincy Jones non seulement accumule des distinctions –un grammy awards et plusieurs nominations- mais est devenu un habitué des grands festivals de jazz à travers le monde. Non sans avoir mis son immense talent à la disposition des sommités comme John Legend, George Benson, Chaka Khan, Branford Marsalis, Pat Metheny & Bobby McFerrin, Harry Belafonte et plus près de chez nous Manu Dibango et Salif Kéita pour ne citer que ceux-là.  

Pour ce qui est de sa musique proprement dite, voici ce qu’il en dit à votre serviteur : ‘’ je la veux universelle, mais c’est d’abord une musique qui vient du fond du cœur. Certains l’ont écoutée et l’ont baptisée la ‘bonatologie’. Ma musique c’est donc la bonatologie.            ( balade entre la tradition jazz, un zest de cubain, la samba brésilienne, le rythme syncopé africain accompagné de la ballade sawa de son Cameroun natal.)  Je ne peux pas la décrire autrement parce qu’elle m’est propre.”  Le résultat c’est donc un son plutôt unique que ses fans ont baptisé la bonatologie.

L’activiste

Parlant de chez nous, il ne serait pas superflu de souligner ici que l’auteur de ‘Sweet Mary’, non indifférent à la situation qui prévaut aujourd’hui dans son pays d’origine (guerre au Nordwest-South west , contentieux électoral, Boko Haram etc), il s’est taillé une nouvelle réputation d’activiste.  Très présent sur les réseaux sociaux où il compte des milliers de followers, le quinquagénaire ne manque pas de tirer à boulets rouges sur le régime de Yaoundé qu’il accuse de corrompu. L’artiste a d’ailleurs profité du confinement pour mettre à la disposition du public des titres comme ‘Allo Fokou’, Ngarbuh,’ pour dénoncer ce qu’il perçoit comme des manquements des autorités camerounaises à leur devoir de protection vis à vis des citoyens.

Pour rappel, Richard Bona se produit au Ronnie Scott’s le jeudi 11 et vendredi 12 novembre 2021 dans le cadre d’une tournée dans 10 pays en 2021-2022 pour 19 concerts

IceTCool

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