Dans la vie il y a des signes qu’il faut éviter de négliger. En tant que capitaine emblématique, il nous a procuré des sensations. Qu’en sera-t-il maintenant qu’il est manager? L’épopée de Blida était-elle un prélude?
Quand en l’an 2000 Rigobert Song rencontrait le Nigeria à Lagos, il était capitaine des Lions Indomptables. C’était à l’occasion de la Coupe d’Afrique des Nations et le Cameroun disputait la finale contre les Green Eagles dans l’enfer du Surulere Stadium de Lagos. Le Nigeria abritait conjointement avec le Ghana cette édition de la Coupe d’Afrique après le désistement du Zimbabwé. À l’issue de cette rencontre épique dans une antre de Surulere chauffée à blanc par des supporters hyper hostiles Song souleva le trophée de vainqueur, épinglant par la même occasion la troisième étoile sur le tableau de chasse des Lions. C’était le 13 février 2000. Cette image continue de hanter les Nigérians aujourd’hui.
Quelques années plus tôt ses illustres aînés incarnés par Roger Milla, Dr Abega, Emmanuel Kundé, Ernest Ebongue, Joseph Antoine Bell, Isaac Sinkot, Bonaventure Djonkep alias ‘titcha’ et al gravaient la première étoile sur le maillot des Lions Indomptables, précisément à Abidjan. C’était le18 Mars 1984, devant le grand Manitou himself, Nanan Houphouet-Boigny de très regretté mémoire, contre le même Nigeria. A l’époque, ‘Magnan’ devait être un petit ramasseur de balles d’à peine dix ans. Cependant l’image inoubliable de Théophile Abega soulevant ce trophée aura marqué d’une empreinte indélébile l’esprit de notre futur coach. Quelques années plus tard, il devenait un titulaire indéboulonnable de l’équipe nationale et puis l’un des capitaines les plus emblématiques de l’histoire des Lions Indomptables.
Fast Forward
Samedi 27 janvier prochain, Rigobert Song Bahanak va à l’assaut des Nigérians, mais plus en tant que capitaine ‘courage’ comme l’avait surnommé le public. L’ancien défenseur de Liverpool est le nouveau patron des Lions Indomptables. Comme en 1984 ce sera toujours au Stade Houphouet-Boigny à l’occasion de la Coupe d’Afrique, toujours avec Nanan Boigny, mais cette fois-ci en esprit.
Souvenez-vous. Dès qu’ils ont foulé le sol de Yamoussoukro une semaine plus tôt, leur premier geste avait consisté à aller se recueillir sur la tombe du Père de la Nation ivoirienne. Tout un symbole. Un peu comme les Sénégalais qui avaient rendu hommage à Ahmadou Ahidjo au cimetière musulman Bakhiya de Yoff à Dakar avant de s’envoler pour le Cameroun en 2022. La suite on la connait. “Ce sera un match difficile” reconnait Song. “Mais je sais ce que je dois faire. Nous somme prêts” tranche le ‘miraculé’.
Vous avez dit bis repetita?
En tout cas il est des signes qu’il faut éviter de négliger.
Isaac T