L’évènement au Sénégal aujourd’hui c’est l’avènement du plus jeune président démocratiquement élu que l’Afrique ait connu. Les vieux peuvent désormais prendre leur retraite que nous souhaitons le plus paisible possible sans inquiétude. Car en Afrique la relève est assurée
Le président élu Bassirou Diomaye Faye est devenu officiellement le cinquième président du Sénégal, faisant de ce pays du Sahel sinon le seul du moins l’un des rares pays les plus démocratiquement stables du continent. Le train de la démocratie démarré depuis Senghor avec pour arrêts Abdou Diouf, Abdoulaye Wade, Macky Sall poursuit allègrement son chemin avec Diomaye Faye à la barre. Ce dernier prend donc le relai pour ainsi dire le relai de Macky Sall qui aura présidé avec succès pendant presqu’une décennies au destinées du terroir de Cheikh Anta Diop.
Devant Dieu et devant le peuple sénégalais, je jure…
Faye a donc prêté serment mardi à 11h, au Centre international de conférences Abdou Diouf à 30 km de Dakar devant un parterre de personnalités tirées sur le volet dont plusieurs chefs d’Etats et de gouvernement et des présidents d’institutions. On notait la présence des présidents du Nigéria, du Ghana, de la Gambie et de la Guinée Bisau entre autres au cours d’une cérémonie riche en couleurs et en symboliques.
« Devant Dieu et devant la Nation sénégalaise, je jure de remplir fidèlement la charge de Président de la République du Sénégal, d’observer comme de faire observer scrupuleusement les dispositions de la Constitution et des lois, de consacrer toutes mes forces à défendre les institutions constitutionnelles, l’intégrité du territoire et l’indépendance nationale, de ne ménager enfin aucun effort pour la réalisation de l’unité africaine », a déclaré Bassirou Diomaye Faye devant les juges du Conseil Constitutionnel. Dans son discours d’investiture, le nouveau chef de l’Etat s’est donc porté garant de la Constitution, d’une justice indépendante et de la propérité pour toutes les Sénégalaises et les Sénégalais.
Institutions solides
Peu avant, dans son allocution, le président du Conseil Constitutionnel, après avoir fait le tour d’horizon sur la situation quelque peu délétère qui a précédé le scrutin avec les risques y afférant, a loué la solidité des institutions du pays et le rôle joué par le président sortant Macky Sall pour éviter une escalade. M. Mamadou Badio CAMARA a ensuite prodigué des conseils au nouveau leader, qui est parti de la prison à la présidence sans transition: éviter l’ivresse du pouvoir, se démarquer de tout ce qui pourrait conduire à la division et surtout se servir de Dieu comme boussole dans les moments difficiles.
La presse occidentale
Mais comme d’habitude ce ne sont pas les avancées démocratiques notables de ce pays, le dynamisme de son nouveau leader, -le plus jeune président démocratiquement élu en Afrique-, le caractère inédit du combat mené en compagnie mentor Ousmane Sonko pour en arriver là, les péripéties traversées etc. qui semble intéresser la presse occidentale. Celle-ci est plus focalisée sur la présence de deux Premières dames au palais présidentiel. Le nouveau locataire du Palais de la République est en effet polygame, ce qui est un fait banal au pays de Cheikh Anta Diop puisque la majorité de la population est d’obédience musulmane. In fine, c’est le problème de la polygamie en Afrique qui est de nouveau subtilement posé ici. Autant ils sont fascinés par les deux épouses de Faye, autant ils devraient l’être également par la consécration des couples gays au plus haut sommet de l’Etat dans certains pays comme la Belgique, l’Eire, le Luxembourg ou même en France.
‘Lynx envers nos pareils, taupes envers nous.’ dixit La Fontaine dans la Besace. Cette attitude continue de nous hanter.
Isaac T